25 juillet 2024
Dysfonction érectile
Qu'est-ce qu'une érection ?
L'érection est un processus qui résulte de facteurs physiques, hormonaux et psychologiques. Le tissu spongieux et élastique situé à l'intérieur du pénis commence à se remplir de sang sous l'effet de l'excitation sexuelle, et l'érection du pénis se produit. Les nerfs entourant ce tissu spongieux provoquent la dilatation des vaisseaux sanguins pendant l'érection. L'ensemble de ce processus est contrôlé par la testostérone, connue comme l'hormone masculine.
Les troubles de l'érection et leurs causes
L'incapacité du pénis à atteindre une rigidité suffisante pour un rapport sexuel satisfaisant, ou le fait que cette rigidité ne se maintienne pas pendant toute la durée du rapport, est un problème fréquent. Chez les hommes jeunes, ce problème est généralement d'origine psychologique, tandis que chez les hommes d'âge moyen ou avancé, il existe le plus souvent une affection organique sous-jacente.
Les maladies cardiovasculaires peuvent entraîner une dysfonction érectile. Les autres causes possibles des troubles de l'érection sont :
Le diabète
Les lésions nerveuses au niveau du pénis ou de la région pelvienne
Les antécédents de chirurgie dans la région pelvienne (opérations de la prostate et de la vessie)
La radiothérapie de la région pelvienne
Un faible taux de testostérone
Un certain nombre de facteurs de risque tels que l'obésité, le tabagisme, un taux de cholestérol élevé, l'hypertension artérielle et le manque d'exercice peuvent entraîner à la fois une dysfonction érectile et des maladies cardiovasculaires. C'est pourquoi il est admis que la dysfonction érectile peut être un signe précoce d'une maladie cardiaque silencieuse et que les hommes présentant des troubles de l'érection devraient bénéficier d'une évaluation de leur santé cardiaque.
La dysfonction érectile peut également s'associer à une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Les troubles de l'érection sont plus fréquents chez les personnes présentant des symptômes tels que des mictions fréquentes, des levers nocturnes pour uriner et des envies pressantes d'uriner. Plus ces symptômes s'aggravent, plus la dysfonction érectile s'accentue.
Il ne faut pas oublier que les troubles psychologiques suivants peuvent apparaître chez les hommes souffrant de dysfonction érectile :
Anxiété
Dépression
Sentiment d'insuffisance
Manque de confiance en soi
Stress
Diagnostic de la dysfonction érectile
Afin de proposer le traitement le plus adapté, il est nécessaire de comprendre la cause de la dysfonction érectile et d'établir le bon diagnostic. Un interrogatoire médical détaillé est réalisé pour évaluer l'état de santé général. La prise de médicaments, la consommation de tabac et/ou d'alcool, les antécédents chirurgicaux, les maladies cardiovasculaires et les troubles hormonaux sont passés en revue.
Après l'interrogatoire médical général, un interrogatoire sur la vie sexuelle est réalisé. Ces questions peuvent être très intimes, mais elles sont nécessaires pour établir le bon diagnostic et le bon traitement. On vous demandera quand votre dysfonction érectile a commencé et quels traitements ont déjà été essayés. La qualité et la durée des érections matinales spontanées et des érections survenant lors d'une stimulation sexuelle sont également notées. Des précisions sont demandées sur les problèmes d'excitation, d'éjaculation et d'orgasme pouvant accompagner la dysfonction érectile. Plusieurs questionnaires ont été mis au point pour permettre une évaluation systématique de l'ensemble de ces informations relatives à la sexualité. Parmi eux figurent l'index international de la fonction érectile (IIEF), le questionnaire de santé sexuelle masculine (SHIM), le score international des symptômes de la prostate (IPSS) et des échelles de dépression.
Après l'interrogatoire médical, un examen physique est réalisé afin de rechercher les maladies pouvant être à l'origine des troubles de l'érection. Au cours de cet examen, le pénis et les testicules sont évalués, et un toucher rectal est pratiqué pour dépister les maladies de la prostate. Un contrôle du pouls et une mesure de la tension artérielle peuvent être nécessaires pour évaluer les maladies cardiovasculaires susceptibles de provoquer une dysfonction érectile. Certaines analyses de sang peuvent également être utiles pour identifier la cause de la dysfonction érectile. Parmi ces examens figurent la glycémie à jeun, le taux de testostérone et le bilan lipidique.
Dans certaines situations particulières, d'autres examens peuvent être nécessaires pour évaluer la dysfonction érectile. Il s'agit notamment du test de tumescence et de rigidité pénienne nocturne, du test d'injection intracaverneuse, de la cavernosométrie et de la cavernosographie. Ces examens ne sont pas couramment utilisés lors de la première évaluation.
Traitement de la dysfonction érectile
Recommandations concernant le mode de vie :
L'amélioration des problèmes de santé généraux peut contribuer à réduire les symptômes liés à la dysfonction érectile. L'arrêt du tabac, la réduction de la consommation d'alcool et la pratique régulière d'une activité physique figurent parmi les principales recommandations. Par ailleurs, la limitation du sucre, du sel et des aliments gras améliore à la fois la qualité de vie générale et la qualité des rapports sexuels.
Traitements oraux :
Le traitement de première intention recommandé dans la dysfonction érectile repose sur les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5. Ces médicaments provoquent une dilatation des vaisseaux du pénis et augmentent le flux sanguin. Dans notre pays, le sildénafil, le tadalafil et le vardénafil sont disponibles dans ce groupe de médicaments. En raison de leurs effets indésirables possibles, ces médicaments doivent être utilisés sous contrôle médical.
Les principaux effets indésirables des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 sont les maux de tête, les rougeurs cutanées, les brûlures d'estomac, la congestion nasale et une sensation de somnolence. Chez les patients prenant des médicaments à base de dérivés nitrés, l'utilisation d'inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 peut provoquer une chute brutale de la tension artérielle.
Traitements topiques :
Le traitement topique consiste à appliquer le médicament sur la peau. Deux formes particulières du médicament appelé alprostadil sont utilisées pour le traitement topique. La première est une forme de bâtonnet (pellet) placé dans l'extrémité du pénis (voie intra-urétrale), la seconde une crème appliquée sur l'orifice externe de l'urètre à l'extrémité du pénis. L'alprostadil est absorbé par l'urètre et augmente le flux sanguin en relâchant les muscles lisses des vaisseaux du pénis. Ses effets indésirables sont une sensation d'étourdissement accompagnée d'une baisse de la tension artérielle. Les effets indésirables systémiques sont rares. Ce traitement est déconseillé en cas de drépanocytose, de leucémie, de maladies de la moelle osseuse et de maladie de Lapeyronie. Pendant l'utilisation de ce médicament, le port d'un préservatif peut être nécessaire pour éviter le passage du produit à la ou au partenaire.
Dispositifs d'érection par le vide :
Ces dispositifs ont la forme d'un cylindre et comportent un anneau en caoutchouc ou en silicone qui enserre le pénis. Ils sont eux aussi utilisés lorsque les traitements de première intention ont échoué. Il est recommandé de consulter votre médecin pour apprendre à les utiliser (Figure 1).
Injections intracaverneuses :
Il s'agit d'une option thérapeutique consistant à injecter un médicament dans le tissu spongieux situé à l'intérieur du pénis. Ce traitement est recommandé lorsque les modifications du mode de vie et les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 utilisés en première intention n'ont pas donné de résultats. L'érection survient 10-15 minutes après l'injection, même en l'absence de stimulation sexuelle. L'agent le plus utilisé est la PGE1, c'est-à-dire l'alprostadil. Dans certains cas, il peut être associé à la phentolamine et à la papavérine. Le patient doit recevoir de son médecin la formation nécessaire à la réalisation de l'injection. L'injection est effectuée à la base du pénis afin de ne pas léser l'urètre, les nerfs et les vaisseaux sanguins du pénis (Figure 2). Après l'injection, une pression doit être exercée sur le point d'injection pendant 2-5 minutes pour éviter les ecchymoses. L'effet indésirable le plus fréquent de ce traitement est une douleur du pénis. Son effet indésirable le plus grave est le priapisme, caractérisé par une érection douloureuse durant plus de 4 heures. C'est pourquoi, si l'érection persiste plus de 4 heures après une injection intracaverneuse, il faut consulter immédiatement un médecin.
Thérapie par ondes de choc (ESWT) :
Il s'agit d'une forme de traitement dans laquelle des ondes de choc focalisées de faible intensité sont appliquées sur le pénis par brèves impulsions afin d'améliorer l'érection. Le traitement est réalisé en plusieurs séances et peut être répété si nécessaire. Il crée un micro-traumatisme limité dans le tissu pénien qui, au cours du processus de cicatrisation, entraîne la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Le flux sanguin vers le pénis augmente ainsi, ce qui améliore la qualité de l'érection.
Implantation d'une prothèse pénienne :
Il s'agit d'une intervention chirurgicale pratiquée chez les patients atteints de dysfonction érectile sévère lorsque les autres traitements ont échoué. Au cours de cette intervention, des prothèses assurant la rigidité sont placées à l'intérieur du pénis. Il existe deux types de prothèses péniennes : les prothèses semi-rigides (non gonflables) et les prothèses gonflables.
Les prothèses semi-rigides se composent de deux tiges flexibles placées dans les chambres érectiles du pénis. Elles peuvent être pliées dans la position appropriée pendant l'activité sexuelle. Les prothèses gonflables sont quant à elles des dispositifs remplis de liquide. Elles se composent de deux cylindres gonflables placés à l'intérieur du pénis, d'une pompe placée dans les bourses (appelées scrotum) et d'un réservoir qui stocke le liquide. Les prothèses gonflables sont plus souvent utilisées car elles procurent une érection plus naturelle (Figure 3).
L'implantation d'une prothèse pénienne peut être réalisée sous anesthésie générale ou sous rachianesthésie (anesthésie à partir de la taille). Sous anesthésie, une incision est pratiquée juste au-dessus du pénis (ou entre le pénis et le scrotum) et les cylindres sont placés à l'intérieur du pénis. Ensuite, le réservoir contenant le liquide de gonflage est placé derrière la paroi abdominale, et la pompe permettant de gonfler les cylindres est placée dans le scrotum. Enfin, tous les éléments sont raccordés et l'incision est suturée. La plaie est nettoyée et un pansement compressif est appliqué. Les patients peuvent généralement quitter l'hôpital le lendemain de l'intervention. Des douleurs du pénis et un gonflement du scrotum peuvent être observés pendant quelques jours après l'opération.
Pendant les 4-6 semaines suivant l'opération, il convient d'éviter de porter des charges lourdes, de faire du vélo et de fréquenter les bains thermaux ou le sauna. En cas de gonflement important ou persistant, d'écoulement au niveau de la plaie ou de rougeur autour de l'incision, il faut consulter un médecin sans tarder.